Mardi 19 mai 2009



L’amour vache qui rit

Cette histoire m’a été racontée par un ami et je vous la confie pour qu’elle ne reste pas uniquement un moment d’intense rigolade pour nous.
C’était l’été et Niki (mon ami) dormait, fenêtre ouverte pour mieux profiter de la fraîcheur de la nuit
Soudain il est réveillé par un crissement de pneus, une portière qui claque et un bruit de talons qui frappent le trottoir.
Intrigué, il se met alors à la fenêtre et voit une femme qui coure, manifestement descendue de la voiture arrêtée au milieu de la rue.
Un homme en descend à son tour et tente de la rattraper. Au bout de quelques mètres il s’arrête et lance en direction de la fuyarde :
- Je t’aime…Salope !
Que dire devant tellement d’amour et d’obscénité ? Pas grand-chose sinon qu’en une phrase tout est rassemblé : amour, désespoir, un cri du cœur en somme.
Ça n’est pas la seule histoire que Niki m’ait racontée et toujours dans le même ordre d’idée voici l’histoire d’un couple aux pratiques sexuelles bien plus courantes que l’ordre moral ne veut l’admettre.
Mr et Mme pratiquaient l’art subtile du sado-masochisme. Monsieur dominait et madame subissait pour son plus grand plaisir.
Heureux et comblés il se marièrent et assouvirent leurs plus grands fantasmes.
Après s’être perdus de vu pendant quelques années Niki retrouva son ami et autour d’un verre il prit des nouvelles du couple.
- Tu sais, lui dit l’homme, ça n’est plus comme au début. We dont fuck the shit out of each other anymore. Tu vois ? (Tu vois, on ne se baise plus à mort)
Et joignant le geste à la parole, pour accentuer son propos, il mima une gifle sévère qu’il ponctua d’un « Bitch ! » 
Une fois de plus, l’amour vache dans toute sa beauté et toute son obscénité.
Il existe mille et une façons d’aimer, aucune meilleure que l’autre. L’essentiel reste avant tout de trouver celui ou celle qui fera écho à son propre cri.


Par Kima - Publié dans : C'est mon avis et je l'partage
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Dimanche 25 janvier 2009
La chenille

Il y existe des situations qui, lorsqu’elles vous reviennent en mémoire, vous font monter le rouge aux joues même plusieurs années après qu’elles se sont produites.
Nous avons tous une capacité extraordinaire à nous rendre ridicule à un moment ou  un autre.
Qui n’a jamais vécu cette douloureuse expérience de la porte vitrée ? Qui n’a jamais manqué de tomber devant une terrasse de café bondée ? Ne vous est-il jamais arrivé de demander à votre vendeur de primeurs un kilo de carottes pas trop cuites ? Moi si ! Il suffit que je ne reste pas concentrée assez longtemps et c’est la boulette.
Ce qui me rassure c’est que je ne suis pas la seule dans ce cas là et je vous le prouverais.
Un jour, alors que je passais un entretien d’embauche pour un poste d’agent administratif, j’ai laissé échapper une expression que mes amis et moi utilisons comme une « private joke ».
Tout avait très bien commencé. J’arrivais d’un pas décidé devant le recruteur, lui serrais la main de manière ferme mais sans pour autant lui briser les doigts, le regardais dans les yeux et attendais qu’il m’y invite pour m’asseoir.
Je répondais aux premières questions sans hésiter y compris à celle qui consiste à vous demander vos principales qualités et vos plus gros défauts.
Cette question à le don de m’agacer prodigieusement. Je m’imagine toujours répondant le plus sérieusement du monde :
« Mes qualités ? Je suis un bout en train, avec moi finie la morosité, je mets une ambiance d’enfer. Je ne suis jamais la dernière pour une bonne cuite et mes amis m’appellent d’ailleurs Hinault parce que ce que je descends personne ne voudrait le remonter à vélo. Mes défauts, ben…je suis souvent malade le lundi, rapport au week-end et pas trop en forme avant le jeudi soir. A part ça, je bulle, traîne sur Internet au lieu de bosser et je suis la reine de la mauvaise fois aussi. »
J’ai résisté à l’envie quasi irrépressible de lui livrer ce laïus et m’en suis tenue à quelques traits de caractères qui me feraient passer pour l’employée modèle.
Tout allait bien jusqu’à la fin de l’entretien, enfin, ce que je croyais être la fin.
Au moment de partir, alors que nous nous étions déjà serré la main il me rappelle et me demande :
« Au fait, je peux vous joindre plus facilement sur votre téléphone fixe ou sur votre mobile ? »
Et là…le drame ! J’avais déjà relâché la pression, baissées les épaules et m’apprêtais à soupirer d’aise tant j’étais satisfaite du déroulement de l’entrevue. Sans y penser j’ai répondu :
« Peu t’importe. » Oui vous avez bien lu, peu T’importe ! Merci Éric et Ramzi ! Inutile de dire que je n’ai pas eu le poste. Je n’ai même pas eu le courage d’expliquer la blague tellement je me suis sentie bête.
Voyez, un instant de déconcentration et c’est la gaffe.
Ceci dit, ce qui me réconforte quand j’y repense c’est de mettre cette histoire en balance avec celle qui est arrivée à une collègue et amie de ma sœur.
Une femme bien sous tout rapport à laquelle il ne manque certainement qu’une chose pour que sa vie soit parfaite : de solides cervicales.
Oui, une légère faiblesse à ce niveau de son squelette l’amène à se retrouver coincée pendant plusieurs jours la tête penchée et c’est alors tout son corps qui se retrouve bloqué.
Impossible alors pour elle de se brosser les dents sans souffrir mille enfers.
Un matin alors qu’elle émergeait d’un sommeil qu’elle pensait réparateur elle tendit la main vers son radio réveil et fut submergée par une douleur terrible. Impossible de bouger, ses satanées cervicales étaient bloquées et la douleur envahissait son corps entier.
Après avoir tenté de se lever par tous les moyens possibles et imaginables elle dû se rendre à l’évidence : il fallait qu’elle appelle les secours.
En serrant les dents à se briser la mâchoire elle réussit à descendre de son lit en se laissant couler et rampa comme une chenille vers le téléphone.
Le temps et les efforts déployés finirent par donner le résultat escompté et c’est ainsi que les pompiers arrivèrent à sa porte.
Ouvrir la porte ? Impossible ! Après l’avoir forcé ils ont découvert la victime étendue sur le sol de sa salle de séjour, le téléphone près d’elle.
Vous me direz que tout se termine bien ? Pas encore !
Il faut dire que la victime en question était rouge de honte, de ce beau rouge qui fait l’envie de beaucoup de pivoines. En effet, il manque à cette histoire deux détails qui font toute sa saveur.
Le premier, sa position : sur le ventre, le derrière légèrement relevé, le visage aplati contre le sol et les bras le long du corps.
Le second, sa tenue : la demoiselle en question se trouvait vêtue de sa simple rougeur ! Nue comme un vers entourée par les pompiers de Paris réputés pour être aussi sélectionnés sur leurs beautés tapageuses.
Alors les jours où je fonce dans une porte vitrée je repense à la chenille et je me dis que finalement, ça aurait pu être pire.
Je sais que ça n’est pas très charitable de ma part mais ça soulage tellement.
Il paraît que le ridicule ne tue pas. C’est vrai il mortifie, seulement. Pour se sortir avec dignité de ces situations honteuses il faudrait être flegmatique comme un Britannique ou manier l’art de l’autodérision aussi bien qu’un Irlandais.
En attendant d’atteindre ce niveau supérieur je vous recommande la chose suivante : lorsque votre nez sera écrasé sur la porte de la boulangerie ou qu’une feuille de papier toilette sera collé à votre talon pensez à la chenille et dites vous qu’après tout si elle à pu retrouver sa couleur naturelle vous le pourrez aussi.



Par Kima - Publié dans : C'est mon avis et je l'partage
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Mardi 21 octobre 2008

En redevenant célibataire il y a quelques mois je me disais que la mer était pleine de poissons et qu’il y aurait bien quelque part, quelqu’un qui, sans être le prince charmant, me ressemblerait.

Mes amies et moi nous sommes donc rassemblées en comité pour un gigantesque brainstorming.

De nombreuses propositions m’ont été faites et parmi elles les plus farfelues : m’inscrire dans une agence de rencontre ou une salle de sport (avaient-elles déjà oublié ma douloureuse expérience qui, à défaut de muscler mon corps, avait définitivement fini de me convaincre que le sport et moi étions et seront à jamais incompatible ?), participer à un club artistique (je sais dessiner une maison sans lever mon crayon, ça compte ?) ou sortir en boite de nuit ! (en boite de nuit ? La fureur et le bruit ? La transpiration et les gens qui vous hurlent dans les oreilles pour vous dire, dans un souffle alcoolisé, des banalités comme :

« J’aime bien cette chanson, pas toi ? »)

Non décidemment, ces méthodes n’étaient pas pour moi. Mais c’était sans compter sur l’ingéniosité d’une des participantes qui me proposa de m’inscrire sur un site de rencontre assez particulier.

D’abord perplexe, je me laissais convaincre par cette idée.

Ce site présente une particularité : les femmes choisissent les hommes et pas l’inverse. Ils sont présentés comme des objets en vitrine que l’on peut « adopter » , le seul moyen qu’ils ont pour attirer l’attention des femmes est de leur envoyer un « charme » auquel les femmes ne répondent que si elles le veulent bien.

Je vous entends déjà crier au scandale et au féminisme outrancier et je dis…oui !

Après tout on se fait bien pincer les fesses et siffler comme du bétail depuis le big-bang, alors pourquoi pas eux ?

Je me suis inscrite sur le ce site et j’ai attendu qu’il se passe quelque chose. Je n’ai pas eu à attendre très longtemps pour voir défiler l’alpha et l’oméga masculin :

Les jeunes hommes tout juste sortis de la puberté à la recherche de maman : combien de fois faudra-t-il vous dire que je ne suis la mère de personne ? Ceux qui feraient bien un remake du Lauréat et Dieu sait que je n’ai rien d’Anne Bancroft. Ceux en quête d’une Maîtresse avec le fouet et les chaînes, je suis pacifiste désolée. Ceux encore qui pensent qu’à mon âge tout est bon à prendre, hey ! J’ai dit célibataire, pas désespérée !

Les trentenaires qui, entre deux histoires cherchent une femme « qui ne se prends pas la tête », en clair, une aventurière du sexe, heu…merci mais non merci. Ceux qui trop occupés par une carrière passée entre les aéroports et les chambres d’hôtels voudraient bien rencontrer celle qui les attendrait sagement. Il faut le mettre sur vos plannings entre deux réunions les gars : lever le nez du guidon ! Ceux qui sortent d’une longue histoire qui les aura laissé épuisés et qui commencent par vous parler de leur ex. J’ai bien une adresse de psy si vous voulez, je ne fais pas dans le social, merci.

Les quadras enfin. Nouvellement divorcés, prêt à tout prendre sans rien offrir en retour : pour la crise de la quarantaine, suivez ce string qui sort d’un pantalon ! Ceux qui, toute libido au vent, cherchent une soumise pour jouer du fouet : j’ai déjà dit pa-ci-fis-te ! Et enfin ceux qui vivent chez maman depuis toujours et qui aimeraient bien s’amarrer à une autre bouée : tu vois le petit bouchon au fond de ton canot ?

Ces « rencontres » m’ont fait me pencher sur la raison pour laquelle j’étais là moi aussi.

Divorcée à près de quarante ans, est-ce que je cherchais à me rassurer sur mon potentiel de séduction ? Est-ce que j’avais tellement peur de la solitude ? Est-ce que je cherchais l’Amour ou simplement une rencontre plus légère ?

Bien sûr je n’ai pas de réponses à toutes ces questions mais des pistes bien avancées.

Bien entendu mon potentiel charme et séduction avait besoin d’une petite mise à jour. En couple depuis onze ans j’avais certainement besoin d’être rassurée.

La peur de la solitude ? Bien au contraire, plutôt peur d’être trop bien seule et de me complaire dans la vie avec moi-même. Il faut dire que je suis un peu critique avec mes congénères et que la compagnie de mes amis et de mes chats me suffit allègrement. L’hypothèse que je reste définitivement seule a fait dire à ma mère : « de toutes façons, tu finiras seule, dévorées par tes chats ! » j’avoue que je regarde mes doux félins d’un autre œil à présent.

Qui peut dire ce que je cherchais en m’inscrivant sur ce site mais je sais ce que j’y ai trouvé. Grey, une plume acide et drôle, un désillusionné rêveur, redoutablement lucide sur ce qui l’entour. Un ami à venir je l’espère. C’est lui qui est à l’origine du second textes sur le même thème et j’espère que vous l’apprécierez à sa juste valeur.

Je ne vous parlerais pas de Sacha avec qui un lien très particulier s’est noué, cette histoire ne m’appartient pas encore.

En somme, que ce soit sur Internet, au restaurant, au travail ou au détour d’une rue, les rencontres répondent toujours au même règles. Il faut plaire et prendre le temps de découvrir si nos regards vont dans la même direction. Le troisième millénaire et sa technologie ont peut-être désinhibé les gens et libéré les mots mais il n’en reste pas moins que lorsque l’on en vient à toucher du doigt la réalité, aucun écran, aucun anti-virus ne peut remplacer la vérité d’un regard, d’un sourire, d’une odeur. On peut apprécier sur écran plat mais on aimera toujours et seulement en quatre dimensions.

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Mardi 21 octobre 2008

 

Des sites de rencontres...

Dixit Reiser, nous vivons une époque formidable… Le progrès a envahi nos vies autant que la crise et Carla, les pages des médias…




Autrefois, les êtres humains avaient des méthodes tombant de plus en plus dans l’oubli afin de se rencontrer et perpétrer l’espèce humaine… Certes dans l’excellent « La guerre du feu », on s’aperçoit qu’une rivière favorise le dialogue homme-femme qui se résumait, semble t’il à l’époque, à de la gestuelle directe, le romantisme ayant vraisemblablement été inventé bien après le feu…
Heureusement l’humanité a développé l’intelligence et le sens de la communication et a appris la séduction. Il est certain que les rencontres se pratiquaient entre habitants du même village, mais très vite, les intérêts financiers ont pris le pas sur les intérêts du cœur... Ce qui finissait par présenter des inconvénients fâcheux, surtout en cas de consanguinité...


C’est alors que Shakespeare arriva et nous conta l’histoire des Capulet et des Montaigu… Ah la scène du balcon!!! Et le romantisme était né… Le temps passa encore et encore et les rapports hommes femmes évoluèrent au même rythme que la société avançait…


Et l’être humain créa le bal musette et la buvette… Ces réunions festives hautement alcoolisées favorisèrent les rencontres et les progrès techniques aidant, la discothèque permit au bipède d’accélérer la manière de croiser d’autres personnes, en rendant festive la parade amoureuse qui est, ne l’oublions pas, dans le règne animal, le seul moyen pour nos amis à plumes de se retrouver à poil… Déjà les rencontres se faisaient plus rapidement, on tortille des fesses, on demande si « vous habitez chez vos parents » et, ni une ni deux on se retrouve à s’embrasser parce qu’hurler en boîte à cause de la musique c’est pas le top au niveau romantisme. Mais ça peut créer des surprises le lendemain au réveil… Merci les éclairages et l’alcool de rendre les gens digestes physiquement…

Et puis le Ministère des Postes et Télécommunications créa le minitel… Des opportunistes eurent vite fait l’idée de créer le 3615 Ulla, ancêtre de Meetic et l’homme découvrit le minitel Rose et ses opératrices payées à les tenir le plus longtemps possible en haleine pendant qu'elles comptaient les mailles du pull qu'elles tricotaient devant leurs claviers…


Et puis Bill Gates arriva et permit la démocratision (l’hégémonie?) de l’ordinateur personnel et du développement de l’internet…


Et puis les sites de rencontres explosèrent… Nous passons de plus en plus de temps chez nous et dans notre vie et même s'il parait que nous communiquons plus, on s’aperçoit combien la solitude sociale et affective est toujours là pour beaucoup… En tout cas, le succès de ces sites le montre…


Il est vrai que c’est plaisant de se dire que l’on peut faire connaissance d’autres personnes que celles que l’on côtoie dans son quotidien. D’augmenter par là même les chances de croiser l’âme sœur. Mais des conversations que j’ai avec les pratiquants, on s’aperçoit bien vite que le pourcentage de personnes sérieuses est très bas. En effet, combien de femmes se plaignent de la vulgarité de mes congénères, dont le cortex cérébral se situe sous la ceinture pelvienne? Combien de femmes veulent Djoj Clouné avec le cerveau de Woody Allen? Combien d’hommes veulent Monica Bellucci avec le cerveau de Brigitte Lahaye plutôt que celui de Marguerite Duras?


De toute façon, une fois que l’on rentre dans ce système l’hommage à Darwin se fait sentir et la sélection naturelle se pratique allègrement pour le bienfait de l’évolution relationnelle… Qui n’a pas ressenti ce blocage devant une réponse fermée ou la sensation de se dire : mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui répondre à ça? Combien se sont fracturés le nerf optique en essayant de traduire le essemesse, langage à la base censé faire passer un maximum d’information avec un minimum de vocabulaire pour le bonheur du compte en banque et qui est devenu un langage à part entière, faisant rentrer par la même, l’expression écrite Française au Panthéon des Langues Mortes?




Comment peut-on charmer de cette manière? Si on en revient à « Roméo et Juliette », imaginez deux secondes que Shakespeare ait écrit cette phrase : « L'amour est une fumée de soupirs ; dégagé, c'est une flamme qui étincelle aux yeux des amants ; comprimé, c'est une mer qu'alimentent leurs larmes. ».
En essemesse ça fait : « Lamour é 1 fumé 2 soupir, Dgag, c 1 flam ki ét1cl oz ie D aman; comprimé C 1 mer Kalimente lr larmes… »


Sérieusement, avez-vous envie de décoder une telle chose? Là je prends un exemple extrême vue que plus personne ne parle comme ça, ou alors c’est suspect… Peut-on arriver à plaire en s’exprimant comme ça?


J’ai une relation qui, sur un site, va droit au but avec les femmes. Cul direct. Plaisir de la vulgarité afin d’en tirer de l’excitation. A noter qu’à l’image de beaucoup d’hypocrites frustrés, le même n’ose pas faire la même chose dans le monde réel… « Tu imagines parler comme ça les yeux dans les yeux à une nana? De toute façon, elles me répondent pas et moi ça m’excite de me lâcher comme ça »… Le délire masturbatoire et l’irrespect des autres poussés au maximum… Ce qui est amusant, c’est que ce procédé n’est pas employé par les femmes à ma connaissance. En tout cas, aucune ne m’a provoqué en utilisant directement le viol moral lié à cette vulgarité, rendant la plus belle chose au monde dégueulasse. Truc de mec quoi…


Les sites de rencontre rendent-ils la vie sentimentale plus facile? Franchement, je ne sais pas. Oh apparemment ça marche pour certains. Des histoires d’amour se créent il est vrai. Mais il ne faut pas oublier une chose : pendant des siècles (aux environs de plein…) la séduction ne passait pas que par les mots… Il y a les gestes, les regards, le parfum, les émissions de phéromones… Un ensemble, un tout. Mais pour l’instant, et à ma connaissance, aucun procédé se branchant sur les ports USB d'un pc ne permet d’avoir ce rendu global de l’autre.
Ce qui est presque flippant, c’est de penser qu’on en arrive à choisir ou être choisi comme on peut choisir une paire de pompes sur le site de La Redoute… Le dernier exemple en date que j'ai ? Une amie est tombée amoureuse d’un homme de dix ans de plus qu’elle et lui tout autant. Leurs échanges leur fait un bien fou moralement et sentimentalement et ils ont décidé de se rencontrer… Lundi dernier ce fût chose faite et puis là, la catastrophe… Elle s’aperçoit qu’elle n’a AUCUNE attirance pour lui. Qu’elle ne ressent rien pour lui, pas d’attirance physique du tout alors qu’ils se voyaient en cam, qu'elle aimait ce qu'il était verbalement mais que rien ne la poussait à se jeter dans ses bras… Lui, bien entendu, avait ses hormones en ébullition (faculté masculine impressionnante de se déconnecter de la raison…) et depuis elle a un mal de chien à lui faire comprendre qu’il n’y aura rien entre eux…


Les sites de rencontres peuvent sûrement apporter quelque chose de bon à beaucoup de personnes. Mais ces mêmes personnes en oublie aussi l’essentiel… Que seul le réel peut montrer la véritable attirance de l’un pour l’autre. Même si les cris du cœur sont là, il faut savoir raison garder et ne pas perdre de vue que l’on communique avec un outil, qu’il n’est pas utile de mentir en s’inventant une personnalité, qu’un ordinateur est un instrument glacial… Les atomes ne peuvent être crochus que lorsqu’ils sont en contacts l’un de l’autre… Le site de rencontre c’est le bal musette virtuel, la discothèque téléphonique… On ne choisit pas un être humain comme on choisit son dentifrice… La technique déshumanise notre relation à l’autre et change les codes de nos rapports et du jeu de la séduction. Ce qui est un outil fantastique d’ouverture aux autres finit par devenir pour beaucoup de monde un renvoi à son incapacité de communiquer dans le monde réel de la meilleure manière qui soit… La communication dans le monde réel…


Qui a dit que je suis pessimiste sur les rapports humains? Qui?

GREY
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Dimanche 28 septembre 2008

SINGLE MALT

 

 

 

La vie est parfois faite de surprises. Des bonnes, des mauvaises et aussi celles qui n‘en sont pas.

Après onze années de vie commune dont huit années de mariage j’ai rendue sa liberté à celui que j’appelais ma meilleure moitié.

Pas de drame, pas de larmes, pas de cris juste le constat sans appel que le temps passe et qu’on se réveille un matin marié à un ami et rien de plus.

Me voila donc à nouveau célibataire à l’heure où sonne le démon de midi, prête à en découdre. J’admets qu’au début j’étais on ne peut plus déstabilisée, je me demandais ce qui pouvait bien m’attendre dehors mais j’ai la chance d’avoir les meilleurs amis du monde, les plus dévoués qui soient.

Au téléphone, à la maison, chez eux ils m’ont montré la seule direction qui s’offrait à moi et j’ai suivi le chemin, un peu hésitante pour commencer puis plus hardie.

Championne toutes catégories de la résilience, j’ai commencé à sourire puis à trouver cette situation vraiment intéressante jusqu’à me demander pourquoi elle n’était pas arrivée plus tôt.

Je répétais à qui voulait bien l’entendre qu’un divorce n’était pas un drame dans notre situation et que j’avais d’autres pages à écrire.

Tout me porte à croire que des rencontres intéressantes se profilent et que peut-être quelque part je croiserais la route de quelqu’un qui m’attends.

Aujourd’hui je vis toujours dans la maison qui était la nôtre avec mes deux chats et je compte bien faire basculer la terre sur son axe.

A très bientôt,

K.

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Dimanche 16 mars 2008

L’herbe est toujours plus verte…

 

Quelque soit le cas de figure, qu’il s’agisse de protection sociale, d’impôts, des profs ou d’autre chose, à toutes les objections on nous ressert la même réponse : « comparez avec nos voisins européens ».

Nos voisins sont devenus notre maître étalon en matière de politique intérieure. Rien ne nous est épargné, ni les bons ni les mauvais exemples. Qu’on les plaigne ou qu’on les envie ils sont notre alpha et notre oméga.

Ne sommes nous donc plus capable de prendre une décision raisonnable comme des adultes ?

Faut-il pour nous convaincre user de stratagèmes aussi puérils que celui là ?

Notre identité est-elle tellement liée à celle des autres membres de l’union que nous n’existons que par rapport à eux ?

Aujourd’hui nos demandes sont confrontées au schémas voisins et la moindre augmentation est renvoyée aux calendes grecques sous prétexte que les Polonais ou autres Roumains se contentent de leurs salaires sans rechigner. Accessoirement, on réussit même à nous faire repartir avec un sentiment de culpabilité tel qu’on reversera bientôt nos salaires à ces pauvres patrons qui payent si généreusement des employés si ingrats.

Dans le même temps, à l’heure où l’exception française est menacée par la mondialisation (entre autres fléaux), il est curieux de constater que le régionalisme revient en force. Attention, inutile de se mettre aux abris ; les séparatistes bretons ont rangés leurs explosifs au profit des bagads et autres nuits Celtes. Le pays basque a cessé de se mettre à feu et à sang pour promouvoir les ferias et le jambon de pays et le nord valorise ses terrils et le ch’timi.

Ces deux phénomènes se renvoient dos à dos nous laissant perplexe devant un si bel écart.

On peut penser que le second répond au premier et que pour mieux se perdre au sein de la nouvelle Europe il nous faut nous trouver au cœur de nos régions comme si que l’infiniment grand ne pouvait exister que grâce à l’infiniment petit.

Je me revois enfant, les coudes sur la table prête à pleurer si on me forçait à manger ma soupe et ma mère qui me parlait des pauvres enfants qui, eux, n’avaient pas à manger et adoreraient cette soupe. Je finissais par céder et j’en reprenais même une assiette pour compenser la mauvaise volonté que j’avais mis à dîner. Ma mère avait cette faculté à nous faire atteindre ses objectifs mais ça n’a eu qu’un temps. Aujourd’hui je suis toujours soufflée de constater que cette méthode fonctionne avec la même efficacité sur beaucoup d’adultes.

On dit que l’herbe est toujours plus verte chez nos voisins. Mais à trop regarder chez les autres on oublie de regarder chez soi et on finit par se perdre. Les régionalistes l’auront compris avant les autres en oeuvrant activement pour la sauvegarde de notre patrimoine.
Par Kima - Publié dans : C'est mon avis et je l'partage
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Dimanche 16 mars 2008

LES PIGEONS VOYAGEURS

 

Mes amis sont des pigeons voyageurs. C’est un fait et ça ne change rien aux sentiments que je leur porte.

Ce sont les meilleurs amis du monde. Avec eux j’ai passé les meilleures soirées, les meilleurs week-ends et les meilleures vacances.

Pourtant, ils ont une fâcheuse tendance à se prendre pour des pigeons voyageurs.

Régulièrement, à une fréquence que j’estime à environ une fois par semestre les années fastes, les cartons leurs manquent.

Ces dernières années ils ont déménagé six fois ! Et je ne parle pas de changer d’étage mais de faire quelques fois des centaines de kilomètres à travers la France.

Ils sont devenus, et nous avec, les rois du carton et de l’organisation. Vous ne les verrez jamais emballer les clés du camion ou de l’appartement qu’ils quittent. Jamais ils ne seront pris en défaut par les états des lieux et les rendez-vous à la banque. Pas plus qu’ils n’oublieront de faire leurs changements d’adresses auprès de tout les organismes. Cerise sur le gâteau, la première chose qui arrive à la nouvelle adresse, je vous le donne en mille : la cafetière !

Ce sont des maîtres étalons dans l’art de la migration. Les canards sauvages n’ont qu’à bien se tenir !

Il y a quelques années, un autre couple d’amis nous annonçaient qu’ils venaient d’acheter une jolie maison et qu’ils seraient content qu’on les aide à plier bagages au printemps suivant.

Habitués que nous sommes à ce genre d’activité nous avons accepté et six mois plus tard nous garions notre camion dans leur cour.

Je pensais qu’il y en aurait pour une bonne journée pied au plancher mais en entrant j’ai dû revoir mes prétentions. Tout était en place, rangé. Je ne parle pas ici de cartons qui s’entasseraient devant la porte, de personnes qui chercheraient le scotch ou les ciseaux, non. Lorsque je dis que tout était en place je parle des couverts dans les tiroirs, du linge dans les armoires et des livres dans la bibliothèque et des enfants dans leurs lits !

Un instant j’ai même cru qu’on s’était trompé de saison ou qu’ils avaient renoncé à partir. Lorsque je demandais à mon amie encore endormie, la tête dans son café, où je pouvais trouver des cartons elle me répondit mollement qu’ils étaient à l’étage.

En effet, à l’étage les cartons étaient là appuyés contre le mur, pliés. Je sentais que mon énergie me quittait, je venais cependant de comprendre que lorsque certaines personnes parlent de « faire un déménagement » ils entendent le faire de A à Z.

Aujourd’hui je m’assure que les choses sont claires, que l’essentiel est prêt à partir et que le mot « organisation » a bien la même définition chez tout le monde.

A chaque déménagement j’apprend quelque chose d’important. Lorsque ma sœur est passée du rez-de-chaussée au deuxième étage j’ai appris une chose qui a divisé par deux le temps des opérations : ne partez pas les mains vides !

Lorsque j’ai quitté la région parisienne pour m’installer en province j’ai appris qu’oublier une seule chose pouvait coûter très chère en frais postaux : le SER NAM n’a pas de visée philanthropique.

Enfin j’ai également appris que les amis qui vous annoncent leur déménagement à grand renfort de sourire vous cachent quelque chose ; par exemple qu’ils quittent un appartement au premier étage pour en prendre un au quatrième sans ascenseur.

A ceux là je dis généralement que s’il leur reprend l’envie de bouger avant que mes muscles ne se décrispent ils auront le déménagement le plus rapide de l’histoire de l’exode et pour qu’ils comprennent que je ne plaisante pas je mesure les fenêtres !

Le dernier déménagement en date a été une expérience défiant les logiques de la physique. Mon amie quittait un studio pour un grand appartement et ma meilleure moitié ne pouvant pas donner de son temps pour cause de compétition m’avait lâchement abandonné pour cette mission.

Cerise sur le gâteau notre fourgon nous avait lâché. Je partais donc avec ma voiture, assez confiante tout de même, pensant que ce que contenait un studio ne pouvait pas être si terrifiant. Une fois de plus la théorie a été mise à mal par la réalité du terrain.

En entrant chez elle j’ai compris comment on faisait entrer un éléphant dans un œuf : avec beaucoup d’imagination !

Du sol au plafond, le long de chaque mur des cartons s’empilaient. Le moindre espace était occupé tant et si bien qu’il nous était impossible d’entrer complètement dans ce studio de peur qu’une fois la porte fermée nous nous retrouvions sous-vide !

Ceci dit, le contenu de chaque carton était noté et comme on dit dans les grandes entreprises « y avait plus qu’à ».

Une surprise de plus m’attendait : les cinq étages sans ascenseur pour aller au nouvel appartement !

Une fois rassemblés les meubles qui étaient stockés chez papa-maman à cinquante kilomètres, la vaisselle chez mamie et toute notre énergie nous avons du affronter une épreuve supplémentaire : la pluie.

Rien n’est jamais aussi amusant qu’un déménagement qui se fait sous des trombes d’eau, le vent de face et dans un escalier étroit.

On a beau être des pros on est soumis comme les autres aux conditions climatiques et pour le coup on aura été servit !

A la fin du week-end il me fallait encore rentrer chez moi à trois cent cinquante kilomètres de là et en sortant de la voiture je ne pouvais plus déplier les genoux tant mes muscles étaient crispés.

Toutefois je tiens à dire ( mais ne leur répétez pas ) que s’il leur prenait, aux uns ou aux autres, l’envie de re-déménager demain je serais la première à en être parce que dans la vie s’il y a une chose que j’ai apprise c’est que les amis sont comme les hirondelles : un seul fait mon printemps.
Par Kima - Publié dans : C'est mon avis et je l'partage
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Dimanche 2 mars 2008

Quand on est une femme c'est un peu comme si on devait souvent, si ce n'est sans arrêt, prouver qu'on est un être vertébré. Il m'est arrivé quelques fois d'avoir l'impression qu'on me prenait franchement pour un mollusque et c'est peu dire.

Un jour en quittant mon lieu de travail je me suis rendue compte que les freins de ma voiture ne répondaient que très peu. Inquiète, je me suis arrêtée chez le premier garagiste. Il m'a accueilli avec un large sourire qui montrait des dents de loup-garou. Une fois la voiture sur le pont il m'a appelé l'air soucieux.

- Venez voir ma p'tite dame. Vous voyez ce p'tit truc ici, eh ben c'est un joint comme ceux qu'on trouve dans les robinets eh ben celui là il fuit. Regardez bien : là, y a du liquide foncé qui devrait rester dedans et faire freiner la voiture. Alors faut qu'on l'change et c'est pas tout.

Pendant qu'il faisait redescendre la voiture je me demandais s'il parlait comme ça pour moi où s'il le faisait avec tout le monde. J'avais du mal à croire qu'il venait de m'appeler "ma p'tite dame", je sais je ne suis pas très grande mais quand même faut pas pousser.

Avant que j'aie eu le temps d'aller au bout de ma réflexion il reprenait.

- Voyez sous le capot y a ces deux gros bidules qui assistent le freinage, je vous donne pas les noms c'est trop compliqué mais c'est aussi très grave. Faut tout changer !

Maintenant aucun doute il me prenait bien pour une andouille : des trucs, des bidules et puis quoi encore ? Mais je n'avais pas encore finit de fulminer.

- Dites-moi, ma p'tite dame, z'avez vu l'état de vos pneus ? C’est drôlement dangereux, faut pas rouler comme ça. Mais bon, vous inquiétez pas, on va arranger ça.

J'hésitais encore sur ma réaction. Je pouvais lui lâcher un marteau sur le pied, lui mettre la tête dans un étau ou simplement le prendre à son propre jeu.

- Bon tout ça ça va coûter un peu mais on peut s'arranger, vous avez un chéquier ou c'est monsieur qui l'a ?

- Et bien en réalité, il m'autorise à m'en servir le jour des courses seulement. Le reste du temps c'est lui qui s'occupe de l'argent. Mais il se trouve que le jour des commissions c'est aujourd'hui.

Avant qu'il ait eu le temps de se réjouir je continuais sur ma lancée.

- Il faudrait que je puisse expliquer tout ça à mon mari ce soir. Vous pouvez-me ré expliquer, vous savez les trucs et les bidules et la 'tite fuite.

Je sortais un carnet et un stylo et faisait mine de prendre des notes. Avec l'air tout à fait sérieux, je reprenais :

- C'est amusant vous savez, mon mari à le même niveau que vous en mécanique et du fait en utilisant vos mots il devrait comprendre de quoi il s'agit. Alors la chose que vous appelez "truc" c'est un joint, les deux "gros bidules" c'est le master-back et le mètre-cylindre quant à l'usure des pneus on est d'accord, on peut attendre, ils sont neufs.

Le délice de lire sur son visage la déconfiture, le bonheur de voir dans ses yeux un instant de panique. Il existe peu de moments dans une vie où l'on peut se régaler de telles situations.

- Au fait, soyez assez aimable de ne plus m'appeler "ma p'tite dame", quant à l'usage du chéquier vous avez remarqué qu'on est au vingt-et-unième siècle ?

Cette mésaventure s'est bien finie puisque le garagiste à eu la bonté faire uniquement ce qui était à faire et rien d'autre !

Il y a tellement d’occasions  dans une journée de passer pour une cruche que s’en est…renversant !

Ceci dit les hommes n’ont plus la part si belle aujourd’hui. On attend d’eux qu’ils soient tout à la fois forts et sensibles, drôles et intelligents, qu’ils laissent s’exprimer leur côté féminin, qu’ils rangent leurs chaussettes, qu’ils fassent les courses et qu’ils sachent aussi changer une roue.

Ma meilleure moitié passe pour être un être sensible et calme, très calme. Alors que j’ai tendance à me ronger les sangs et m’agacer il reste toujours d’un calme olympien presque flegmatique. Toujours ? Presque.

Une année nous avions décidé de partir en Irlande en emmenant la voiture et le nécessaire de camping. Arrivé sur le port il nous a fallut passer la douane. C’est à ce moment là que les choses se sont gâtées. Une douanière en mal d’action s’est approchée de nous a demandé nos papiers sans un sourire. Jusque là rien de spécial me direz-vous, c’est vrai. Mais il ne fallait rien de moins qu’une vieille Ford rose ( oui, elle avait été rouge dans sa prime jeunesse !) pour attirer l’attention de ce fonctionnaire zélé.

Avec autant de froideur qu’elle pouvait en rassembler, elle nous a fait garer sur le côté et nous a demandé nos papiers et ceux de Pépette ( le petit nom de notre « bolide »). A dire vrai, on s’en moquait un peu puisque nous n’avions rien à nous reprocher et nous étions en vacances après tout. Enfin je dis « nous » et j’ai tort ! Ma meilleure moitié commençait à dire que le bateau partait dans 15 minutes et que si elle nous faisait le coup de l’excès de zèle on serait bon pour prendre le suivant : départ 3 heures du matin !

Malgré tout je restais étrangement calme. Après tout on était en vacances, non ?

Une fois la Pépette stationnée ma meilleure moitié esquissa une tentative de sortie. Erreur.

Elle se colla à sa portière et lui dit le plus sèchement du monde :

-         On reste dans le véhicule !

Brisé en plein élan et surpris de ce ton sec Il se fixa le torse collé au volant. Et là d’un coup d’un seul j’ai vu sur son visage quelque chose que je n’y avais jamais vu et ce n’est pas faute d’y avoir mis la meilleure volonté du monde : la colère !

Avant qu’il n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche pour lui donner un cours sur la politesse je lui mis la main sur l’épaule et dit :

-         On peut faire quelque chose pour vous ?

En réalité j’avais simplement envie de lui donner l’adresse de la baronne de Rothschild mais pourquoi s’agacer ? Ça n’aurait que mis en jeu notre départ sur ce gros bateau là  bas au loin. Et puis après tout on était en vacances, non ?

Lui se rassit et miss « excès de zèle » entama un long et lent tour de voiture, carte grise dans une main et permis de conduire dans l’autre. Une fois sa ronde accomplie elle se repositionna devant la fenêtre de mon mari qui faisait, sur mon conseil, des exercices respiratoires.

-         Ce véhicule, il est à vous ?

La question semblait saugrenue et elle l’était. Quelle réponse pouvait-elle bien attendre ? En un instant je me rendit compte que Lui était resté bloqué sur une inspiration et avait pali brutalement. Avant que je n’aie eu le temps d’intervenir, il expira sa réponse :

-         Bien-sûr qu’il est à nous, qu’est-ce que vous croyez ? Qu’on l’a volé sur le parking ?!!!

Je voyais déjà notre bateau partir avec nos vacances, la voiture en milles morceaux sur ce parking et une belle amende pour outrage. Je ne pouvais pas y croire, Lui d’habitude si calme avait presque…crié !

J’osais à peine lever les yeux, on était cuit, c’était sûr. Lui avait repris ses exercices respiratoires à peine conscient que l’Irlande venait d’être rayée de la carte mais tellement soulagé. Au moment où je m’apprêtais à balbutier de plates excuses en son nom un deuxième douanier arriva. Là plus aucun espoir de s’en sortir, on allait passer septembre au frais. Si j’avais droit à un coup de fil je l’utiliserais pour appeler un psy pour Lui !

Les deux douaniers se concertaient en regardant derrière eux avec un sourire aux lèvres. Ils se régalaient déjà de la suite et pariaient sûrement sur le nombre de pièces qu’allait donner Pépette. Et puis curieusement la douanière mal embouchée rendit ses papiers à ma meilleure moitié et lui dit un sourire au coin des lèvres :

-         Bon, circulez. Bon voyage.

C’était à n’y plus rien comprendre. Mais au lieu de rester là bêtement à attendre qu’elle ne change d’avis Il avait déjà redémarré en murmurant :

-         Non mais, des fois, et puis quoi encore. C’est vrai quoi. Franchement on a pas idée.

Convaincu qu’il était responsable par sa saute d’humeur du changement d’attitude de la fonctionnaire il roulait vers le bateau pendant que je regardais derrière nous.

Les deux uniformes se dirigeaient vers une superbe berline allemande dont les occupants souriaient comme nous dix minutes plus tôt.

La morale de cette histoire est simple : le facteur chance des uns est le facteur malchance des autres !

C’est aussi la dernière fois que Pépette à fait cet effet tapageur.

Quant au drame de la femme et de l’uniforme il faut se souvenir que Françoise Giroud disait que la femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. Le progrès est en marche !
Par Kima - Publié dans : C'est mon avis et je l'partage
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Jeudi 21 février 2008

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Il y a des jours où tout semble aller de travers, les choses les plus simples prennent des proportions incroyables et ces petits riens que l’on fait normalement sans y penser demandent alors un effort presque surhumain.

Il nous est tous arrivé de mettre plus de temps que nécessaire pour écrire un courrier administratif alors qu’il s’agit simplement de demander un duplicata de relevé de compte à sa banque ou encore de passer des heures à essayer de comprendre comment fonctionne ce satané lecteur mp3 dont on se sert quotidiennement.

Vous est-il déjà arrivé d’avoir en face de vous une personne qui semble parler la même langue que vous, qui en utilise les mots, les accents, les tonalités mais dont vous ne comprenez rien ?

Quelqu’un qui vous regarderait d’un air convaincu semblant dire «  ben quoi ? C’est pourtant clair ! » avec une telle conviction qu’elle en viendrait à vous faire douter de vous-même ?

Il m’est arrivé récemment une expérience similaire et j’ai alors vécu un des plus grands moments de solitude depuis longtemps.

Il y quelques temps j’ai eu un arrêt maladie d’une semaine. J’ai fait, comme tout bon citoyen, parvenir les documents relatifs à  cet arrêt à ma caisse d’assurance maladie. Je pensais, dans ma grande ignorance, que cela suffirait et que je pourrais reprendre le cours de ma vie normalement, mais non !

Quelques semaines plus tard, à ma grande surprise, je recevais un courrier m’informant que ma demande de prise en charge ne pouvait être acceptée et qu’il me fallait prendre un rendez-vous avec un conseiller.

En bon soldat je répondais aux ordres et pris donc un rendez-vous. Je me retrouvais huit jours plus tard devant une préposée du service des indemnités journalières avec tout mes justificatifs et ma bonne volonté.

Il faut dire que j’ai un régime un peu particulier : je suis facteur intermittent. C’est à dire que la poste fait appel à moi lorsqu’un titulaire est en congé ou malade et que les effectifs ne suffisent pas à combler les vides. Je ne suis donc pas fonctionnaire. Lorsque je suis en période de vaches maigres je ne dépends pas de l’Assedic mais du Cigap, organisme homologue géré par l’état.

Mon interlocutrice chaussa ses lunettes et commença l’étude des pièces que je lui avais amenées.

Après avoir remué pendant près de dix minutes mes bulletins de salaires et justificatifs d’indemnisations du Cigap elle leva la tête et je vis dans son regard quelque chose qui m’annonça que la partie ne faisait que commencer.

_ Heu, c’est quoi ça ? demanda t-elle en montrant les documents du Cigap.

Je lui expliquais simplement en lui précisant que cela ne m’empêchait pas de cotiser normalement au régime général de la sécurité social.

_ Ha, bon alors, c’est un peu compliqué. Il vaudrait mieux que ma responsable voit ça. Je vais lui faire un mémo et vous donner un rendez-vous avec elle.

Soit, je me pliais de mauvaise grâce à ce nouvel épisode de l’administration.

Quelques jours plus tard je me rendais à mon nouveau rendez-vous et rencontrais la personne qui allait tout comprendre et me dire que tout serait réglé rapidement. Je sais, je suis une optimiste forcenée !

Après avoir lu en diagonale, tourné et retourné mes papiers elle leva la tête, regard plein d’assurance.

_ Bien ! Vous êtes donc intermittente du spectacle.

_ Ben, non ! A la poste !

_ Quoi ? Intermittente du spectacle à la poste ? !!!

J’en restais coite. J’étais à deux doigts de lui dire :

_ Ben oui, intermittente du spectacle à la poste ! On me confie des feutres, des bombes de couleurs et je tague les boites à lettres. Le samedi c’est festival : je mets mon nez rouge, mes grandes chaussures et je livre le courrier en faisant des farces !

Ca va pas bien, non ? !!!

Inutile de dire que j’ai eu du mal à me contenir et que je suis repartie bredouille.

Ca n’était pas ma première expérience malheureuse avec cet organisme mais je n’arrivais pas à me faire à l’idée que ça ne marcherait jamais du premier coup.

 

Au fait, deux mois plus tard je recevais mon indemnisation pour cette semaine d’arrêt maladie : vingt-sept euros ! Le prix de deux déplacements, gazole inclus et déduction faite de la sueur, des larmes et de l’énervement. Joli, non ?

Qui a dit que les voies du seigneur sont impénétrables ? Le sont-elles plus que celles de l’administration ? Rien n’est moins sûr.

 

* Titre tiré d’une rubrique du journal « le canard enchaîné »

Par Kima - Publié dans : C'est mon avis et je l'partage
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Jeudi 21 février 2008

 

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J’ai remarqué une chose très curieuse depuis que je suis végétarienne et ça ne me rassure pas du tout sur la nature humaine.

Je m’explique. Il m’est souvent arrivé d’inviter des amis à la maison et de leur faire mes meilleures recettes végétariennes. Invariablement la conversation finie par arriver à mes motivations et là…crac ! C’est le début des pires histoires de boucheries, de chasses et de recettes de mamie. Ah ! Le veau maringo, le bœuf bourguignon, la poule au pot et les nids d’hirondelles. Et papi qui était le meilleur boucher-chevalin du pays, et tonton qui chassait la biche le dimanche.

Je n’ai qu’une seule question : POURQUOI MOI ? !!!

C’est vrai quoi, pourquoi me faire subir ça ? Pour me convertir ? Aucune chance. Et j’ai beau essayer de parler des gentilles biquettes, des mignons lapins et des poussins coquins rien n’y fait.

Peut-être est-ce la nature humaine, ou plutôt son côté obscur ?

C’est une constante. Il suffit qu’il y ait une femme enceinte à moins de dix mètres pour que les pires histoires d’accouchements fassent surface. Parlez de votre voiture et de ce bruit bizarre et vous aurez pléthore d’anecdotes anxiogènes.

Au lieu de tout ramener au meilleur on passe son temps à tout ramener au pire. C’est l’histoire du verre que l’on voit à moitié vide au lieu de le voir à moitié plein.

En matière de végétarisme la plupart des personnes semblent se donner la mission de nous psychanalyser. C’est vrai quoi, c’est étrange c’est gens qui ont la nausée à l’idée d’un animal mort.

Mon amie Héloïse, végétarienne avait été invité chez des amis un soir. Ils lui avaient préparé un menu végétarien pendant qu’ils se régalaient de saucissons et autres pâtés maison.

Ce repas simple se tenait dans leur cuisine et rapidement Héloïse nota une photo sur le réfrigérateur : les enfants du couple d’amis souriaient béatement en serrant dans leurs bras un énorme cochon.

Héloïse, attendrie par la photo leur dit :

-         Elle est jolie cette photo des enfants.

-         Oui, elle est chouette. C’était pendant leurs dernières vacances dans la ferme de mes parents. Le cochon c’est Dédé. Les enfants l’adoraient.

-         Ah ? L’adoraient ?

-         Oui, et ce soir c’est à nous de l’aimer ! De toutes façons il était un peu con ce cochon.

Dire la surprise et l’horreur d’Héloïse serait un euphémisme. Ils étaient en train de manger le cochon qui était en photo sur le frigo avec les enfants. Un fast-food à la française !

Même ma meilleure moitié qui est pourtant la douceur incarnée perd de temps en temps son flegme. Il a définitivement quitté la cuisine, où il avait pourtant pris ses quartiers depuis notre mariage le jour où je lui ai dis que je ne mangerais plus rien qui pourrait potentiellement me regarder en face.

-         Prends ça pour de la lâcheté si tu veux mais je ne peux pas me résoudre à dévorer mon prochain.

-         Même pas des fruits de mer ?

-         Même pas des fruits de mer !

-         Ni même des poulets ? C’est pourtant bête un poulet, et puis c’est un peu moche.

-         Rien ! Et de toutes façons si le QI et la beauté étaient des critères de sélections je commencerais par ma propre espèce et je suis sûre que je ne mourrais pas de faim. Et puis tu sais Marguerite Yourcenar disait très justement « Les animaux sont mes amis et je ne mange pas les amis. »

Cette conversation ne serait pas la dernière et je le savais. Il restait à lui expliquer tellement de choses : les additifs, les coagulants, la présure et tout le reste.

Le végétarisme est comme les religions orientales : beaucoup en parle mais peu les connaissent. Même nos amis les mieux intentionnés s’évertuent à nous inviter à manger de la raclette, de la tartiflette ou du poisson en papillote. Ben quoi ? Le poisson c’est pas de la viande ? C’est sûr ! Pourtant ça n’est pas faute de préciser qu’une simple assiette de légumes ferait mon bonheur !

Alors imaginez être végétarien dans une petite ville de province. Une condamnation à ne plus sortir dîner ou à se limiter aux frites. Heureusement depuis peu nous avons la chance d’avoir un restaurant Indien qui prévoit de vrais plats végétariens.

Ma mère, quant à elle, est persuadée que si je suis végétarienne c’est pour faire des économies. Si elle savait !

Etre végétarien c’est avant tout faire le choix d’ouvrir son cœur à l’empathie et réfléchir avec autre chose que son estomac. C’est faire le choix de respecter le vivant.

Tomi Ungerer, dessinateur et auteur de littérature pour la jeunesse disait «  les animaux de boucherie sont généralement tués par procuration avant d’être mangés par des hypocrites qui s’évanouiraient à la vue du sang. » Ca laisse à penser, non ?
Par Kima - Publié dans : C'est mon avis et je l'partage
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